Tourisme, Montagne | Rhône-Alpes / Savoie, La Clusaz

18.11.2009

Dossier(s) de référence

Pierre Lestas : « L'écologie, une opportunité à saisir »

Pierre Lestas, directeur général de la Société d'aménagement touristique et d'exploitation de la Clusaz, a initié en 2008 une démarche collective de certification Iso 14001 aux côtés d'une vingtaine de stations de Haute-Savoie. Récemment élu président du Syndicat national des téléphériques de France, il entend mieux valoriser les efforts du secteur en matière de développement durable.

Pierre Lestas, nouveau président du SNTF © Francis Bompard/Agence Zoom

Les stations de ski sont souvent pointées du doigt pour leur fort impact environnemental. Y a-t'il une prise de conscience de cet enjeu de la part des opérateurs de remontées mécaniques ?
PL - Oui. Depuis une dizaine d'années, les exploitants tendent à améliorer la gestion de leur domaine pour mieux prendre en compte les problématiques environnementales. Cette action se traduit notamment par le remplacement des remontées mécaniques les plus anciennes par des machines plus performantes et plus durables.

Quelle est selon vous la meilleure voie à suivre pour réduire l'impact environnemental d'une station de ski ?
PL -
C'est d'abord une question de méthode. La norme Iso 14001 nous donne un cadre pour mettre en œuvre des actions de réduction de notre empreinte écologique. Forts du soutien du Syndicat national des téléphériques de France, nous avons engagé en juin 2008 avec une vingtaine de stations de Haute-Savoie une démarche collective visant à obtenir cette certification. Travailler ensemble dans le même sens nous permet d'échanger nos expériences. La solidarité est en quelque sorte la marque de fabrique des opérateurs de remontées mécaniques, ce qui a clairement facilité les choses.

Quelles sont les actions concrètes développées par la Satelc dans ce sens ?
PL -
À la Clusaz, nous avons remplacé en 2007 cinq remontées par deux appareils plus modernes sur le massif de l'Etale. Lorsque nous réalisons des aménagements de pistes, nous sommes toujours très soucieux de reconstituer les écosystèmes en travaillant notamment au reverdissement des sites. Parallèlement, afin d'éviter les conflits d'usage, nous avons construit quatre bassins colinéaires d'une capacité de totale de 190 000 m3 ce qui nous permet de stocker l'eau issue de la fonte des neiges au printemps pour produire la neige de culture de la saison suivante. Par ailleurs, nous n'avons jamais utilisé d'additifs pour produire la neige et nous rejetons donc de l'eau parfaitement naturelle dans l'environnement. Enfin, comme nous le faisons pour les remontées, nous remplaçons les enneigeurs anciens par de nouveaux appareils moins énergivores.

Cet engagement constitue-t-il une valeur ajoutée pour la Clusaz ?
PL -
Pour nous, l'écologie, c'est avant tout une opportunité qu'il faut saisir pour améliorer notre produit. Sur ce point, nous avons été trop défensifs, nous devons bien sûr poursuivre cette démarche, mais également mieux la valoriser en améliorant notre communication. Pour le public, on ne peut pas avancer qu'il soit demandeur d'actions en matière de développement durable, en revanche, il est réceptif à notre démarche. La population est en général très attentive dispositions que l'on prend pour réduire les impacts environnementaux.

Propos recueillis par Johannes Braun/Naja